Indonésie

Chapitre 1 : Une pluie de cendres

Bienvenue à Jakarta ! Le trafic est toujours aussi fou dans le centre-ville de la capitale indonésienne. N’équivalent pas le chaos du Vietnam, l’entreprise TomTom a tout de même révélé que le taux de congestion de la ville atteint 58% lors d’une étude réalisée en 2017. Ne souhaitant pas prendre de taxis, comme à l’accoutumée, je me résous à marcher 45 minutes jusqu’à mon hôtel. Avec presqu’une vingtaine de kilos répartis sur le dos et le torse, je titube sans cesse et me tord les chevilles à la moindre occasion, mais je maintiens mon cap en direction de mon logement. Bien entendu, mon arrivée en fin de soirée ne m’aide pas du tout. Surtout qu’il y a les changements de plans, Thibault et Nico, mes potes rencontrés auparavant ne sont pas à Jakarta, mais à Bandung. Je dois prendre le train le lendemain afin de parcourir les 150 kilomètres qui nous séparent les uns des autres. Après de nombreux retards (poke SNCB), j’embarque enfin dans ce train plutôt confortable en comparaison avec ceux du Vietnam. Il est assez comique de constater la différence une fois qu’on expérimente mieux. Par exemple, au Vietnam, il existe une possibilité de choisir le type de siège que l’on préfère : standard en bois ou premium avec un coussin. J’ai testé les deux, il n’y a pas photo. S’asseoir sur un siège en bois pendant quatre heures, bha sans aucune surprise, ça fait sacrément mal au cul tout de même !

Une fois arrivé, je retrouve Thibault et Nico et nous décidons de célébrer nos retrouvailles dans un petit restaurant situé dans le centre. A la base, j’étais censé poursuivre mon voyage au Laos ou au Cambodge, mais ils m’ont convaincu de les rejoindre. Après tout, voyager c’est toujours se remettre en question, c’est changer ses plans, s’adapter. Et leur présence me fait du bien. Tout comme moi, ils ont tout quitté pour voyager. Leur voyage a débuté un peu plus tôt que moi en septembre. Ils se sont retrouvés pour explorer plusieurs pays : Russie, Mongolie, Chine, Taïwan, Vietnam, Thailande, Malaisie et j’en passe. De nationalité française, ils ont déjà décidé de remettre en question leur vie en s’installant au Canada, mais cela n’était pas suffisant pour eux. Je me retrouve dans leur questionnement, leur envie de découvrir, de partager des moments avec la population locale et leur passion partagée pour la bière. Cette soirée me permet aussi de lâcher prise. J’ai souvent eu l’envie de contrôler mon itinéraire, de savoir quoi faire/voir à l’avance, une habitude que j’ai définitivement perdue en leur présence… en leur laissant choisir à ma place. Le pied ! On ne mise pas sur le plus d’endroits visités, mais plutôt sur les expériences. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin, après être pris de court par le temps au Vietnam.

Nous décidons donc de nous déplacer vers Yogyakarta. Deux jours auparavant, le volcan Merapi, situé à un peu moins d’une trentaine de kilomètres de notre destination entre en éruption. Ci-joint, une compilation de vidéos Instagram et Twitter à ce sujet.

Il s’agit de l’un des volcans les plus actifs au monde et son impressionnante éruption a entraîné des retombées de cendres jusque dans certains quartiers de Yogyakarta. A notre arrivée, nous constatons des véhicules stationnés recouverts d’une couche de cendres et l’air n’est pas très agréable à respirer.

Du balcon de notre logement, un nuage de fumée s’élève du Merapi

Ce n’est qu’une fois installé à notre hôtel que nous apprenons la nouvelle par notre réceptionniste. La situation est sous contrôle, malgré une couche de poussière plus abondante qu’habituellement nous confirme-t-on. « Ce type d’éruption n’est pas trop dangereux et peut se produire dans n’importe quel volcan actif« , affirme un porte-parole de l’agence nationale de gestion des catastrophes.

Du street art dans tous les coins

Très portée sur le street art, Yogyakarta est une chouette ville à explorer, mais elle n’échappe pas à “la rue centrale” qui est un amas de bars et de restaurants dans lesquels les touristes sont les proies à chaque coin de rue. Ce soir, on décide de se poser dans un bar. Les trois mecs en chien que nous sommes décidons de jeter un œil sur Tinder et voir de quoi notre soirée sera faite. Rien de convaincant sur le moment même, mais des pistes sont envisageables. Nous discutons ensuite de notre future destination. “Pourquoi ne pas aller vers Surabaya ?” Une idée qui sera très rapidement rejetée au vu de la tragique actualité des jours suivants. Le Ramadan venait à peine de commencer lorsqu’une série d’attentats ont frappé de plein fouet plusieurs églises de cette ville située à nord-est de l’île de Java. La situation devient chaotique dans cette partie de l’Indonésie qui subit, depuis plusieurs années, une résurgence d’attaques perpétrés à l’encontre de minorités (chrétiennes, hindou et bouddhistes). Le pays comporte le plus de personnes musulmanes au monde et y pratique un islam modéré, mais Daesh semble y trouver des oreilles propices à écouter son discours haineux. Sur place à Yogyakarta, rien ne se ressent comme tel. La population est très sympathique, plutôt portée sur le tourisme il faut l’avouer. Au plus l’anglais est bon, au plus il y a une idée derrière la tête. C’est un tout autre mode de vie qui s’ouvre à moi une fois de plus.

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3 Replies

  1. Premier chapitre et je suis déjà envoûtée. J’adore la manière dont les phrases sont tournées. C’est à ce moment là que je me dis que la curiosité n’est pas qu’un défaut. Je m’en vais lire la suite…

  2. Hâte de lire le prochain article ! Tu me laisses beaucoup sur ma faim ou c’est p-e moi qui suis trop gourmande hahaha…

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