Nouvelle-Zélande

Chapitre 8 : Chaleur humaine

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Cela fait déjà un mois que je voyage après avoir terminé mon job à la ferme de kiwis. J’ai déjà exploré une bonne partie de l’île du nord, il est dorénavant temps pour moi de prendre le ferry et de me rendre sur l’île du sud, réputée comme étant plus belle. Mon arrivée sur place me permet de faire la connaissance des sand flies, petits moucherons de la famille des moustiques. Ces sales bêtes, ô combien entêtantes, prêtes à vous bouffer dès qu’elles aperçoivent un bout de chair exposée. Leur piqûre est particulièrement énervante car leur salive entraîne une importante démangeaison. C’est à en devenir fou ! Les sandflies se déplacent en essaim et peuvent gâcher le plus beau des paysages. J’ai envie de dire qu’on s’y fait, mais jamais vraiment. Parfois, se réfugier à l’intérieur de sa voiture paraît la solution la plus raisonnable. Et je ne vous parle pas des guêpes et bourdons. De belles saloperies aussi !

Bienvenue sur l’île du sud

Heureusement, la Nouvelle-Zélande ce n’est pas que des insectes énervants, c’est aussi une population très sympathique et souriante. Elle sait se serrer les coudes en cas de coup dur. Au moment de mon arrivée sur l’île du sud, des importants feux de forêt sont en train de ravager la région de Nelson, située au nord-ouest. Le 5 février 2019, des engins de ferme défectueux causent un incendie. Les flammes sont si importantes que le feu se répand très vite, forçant rapidement les habitants des villes voisines à évacuer. Cependant, alors que les brigades du feu se battaient ardemment, d’autres feux apparaissent soudainement. Il semblerait que ces derniers soient l’oeuvre de pyromanes, ce qui complique fortement le combat des pompiers. Par conséquent, de nombreux accès ont été bloqués, obligeant les voyageurs à faire d’importants détours pour éviter tout danger.  

Des messages d’espoir dans les églises

Il faudra presqu’un mois pour éteindre le principal foyer et considérer que le risque est désormais faible pour une éventuelle reprises des flammes. Au total, plus de 2400 hectares sont partis en fumée et de nombreuses personnes ont dû être relogées et fuir leurs habitations. La solidarité s’est très rapidement mise en place avec des collectes de vêtements, vivres, cahiers ou encore des couvertures. De nombreux messages sont collés sur les vitrines des supermarchés et commerces. Même à l’église, des personnes déposent des prières pour que les pompiers puissent mettre un terme à la progression du feu. S’il y a bien une chose qui m’a impressionné en Nouvelle-Zélande, c’est cet élan de solidarité qui anime la plupart des gens face à un drame. Pas besoin de grandes déclarations, de conférences de presse, de rassemblements, les gens s’organisent et sont solidaires entre eux de leur propre chef. Cela fait plaisir à voir et montre à quel point les “Kiwis” ont le cœur sur le main.

Une liste de courses pour venir en aide aux personnes touchées

Malgré cette période trouble, la vie continue partout ailleurs en Nouvelle-Zélande. C’est pourquoi, je décide de faire mon premier grand trek dans la région de Cobb Valley. Au menu, 23 kilomètres en une journée. La tâche ne me paraît pas si compliquée car le terrain est relativement plat, les paysages plaisants et le soleil est de sortie. De retour sur le camping, je croise Alain, un sexagénaire issu de la petite ville de Takaka, située à une quarantaine de kilomètres de là. Son regard est avenant même si son visage est marqué par la fatigue. Alan a marché longtemps également et est parti depuis déjà trois jours. Il a opéré une boucle car il avait “envie de se ressourcer et de fuir le quotidien pour le moment.” “J’adore venir ici”, me confie-t-il. “Je suis Britannique, mais j’ai déménagé en Nouvelle-Zélande il y a plus de 15 ans. La région me plait beaucoup, il y a une ambiance reposante et les gens sont très sympas.”

La magnifique Cobb valley

Alors qu’Alain est un peu court en nourriture, je partage avec lui une partie de mon repas ainsi qu’une bière.

-D’où viens-tu ? me demande-t-il

-Je viens de Belgique, je suis ici car j’ai un “working holiday visa”. Cela me permet de voyager et de rester un an sur le territoire. Je travaille et économise un peu pour me permettre de continuer mon projet

-Intéressant, mais quel est ton objectif final ?

-J’adore découvrir de nouvelles choses, explorer des territoires inconnus, être surpris. Le voyage, c’est mon dada!

-Mais quel est ton but final ?

-Je n’en sais trop rien pour le moment, avouais-je

-Peut-être te cherches-tu encore… Ou alors tu cherches une moitié pour t’accompagner 

-Je n’en sais trop rien, lui réitérais-je, peut-être que oui, peut-être que non !  Haha !

-Oh si, insista-t-il, l’être humain n’est pas fait pour rester seul. Il est un être foncièrement social, a besoin d’être entouré de gens pour ne pas devenir triste et fou

-Après être seul, c’est bien de temps en temps

-Au plus tu vieillis, au moins tu supporteras la solitude. J’étais divorcé quand je me suis arrivé en Nouvelle-Zélande, j’étais vraiment malheureux. Lorsque j’ai trouvé ma compagne, nous sommes devenus plus forts ensemble. Nous continuons de faire chacun des activités de notre côté, mais lorsque je rentre chez moi, je suis content de la retrouver et de savoir que quelqu’un m’attendra toujours

C’est sur ces sages paroles que nous avons décidé de nous quitter. C’est bien l’un des avantages du voyage, rencontrer des gens différents avec lesquels vous réfléchissez, échangez et remettez vos propres considérations en question. 

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